12. Dépression de Prunelle

Find your way de Final Fantasy (ici)

 

_ Et alors, qu'est-ce que je devrais dire moi ? T'as vu tout ce que j'ai enduré ?

_ Je sais Méline, tu as été tellement courageuse. Je me sens mal.

_ Moi aussi je ne pensais pas rebondir. Et tu vois je trouve presque ton comportement exagéré et inapproprié quand tu connais mon histoire et que tu m'as aidé. Je ne comprends pas. T'es une victime facile. Juste un examen, juste un jury, et ça y est... plus personne.

_ Ferme-la ! On n'est pas pareil, ok ? Tu ne sais pas ce que j'éprouve. C'est exactement comme si j'avais perdu un être très cher aussi, c'est ma vie qui bascule.

_ Pff... N'importe quoi, tout ça pour un examen, pour un seul jour de ta petite vie ou soit tu as mal joué à cause du trac, ce qui peut arriver et qui ne révèle pas ton niveau, soit tu es tombée sur des cons, comme cela arrive souvent d'ailleurs. Qu'est-ce tu veux que je te dise, et toi tu te sens nulle. Puis ce n'est pas comme si tu ne pouvais plus jouer de piano non plus...

 

Prunelle sentait la colère monter, elle essayait de rester calme devant les critiques de son amie. Pour qui se prenait-elle, au lieu de la consoler, elle lui faisait la morale. Elle l'énervait ! Elle avait envie de rester seule, qu'on ne lui parle plus de piano ni de musique, juste faire une pause, fermer les yeux, prendre des vacances...

 

_ Tu abandonnes ? Prunelle... J'ai une question. Aimes-tu la musique ? Aimes-tu le piano ?

 

Prunelle dévisagea Méline et serra ses poings sans la quitter du regard.

 

_ Tu connais très bien la réponse. Maintenant, tu vois visiblement que tu m'énerves Méline, si tu pouvais t'abstenir de tes réflexions...

_ Tu te souviens quand tu me jouais du piano alors que je refusais d'en écouter ? Je voulais être seule, oublier la vie, me laisser aller car c'était la seule source de réconfort, je me sentais libre en ne faisant rien. Le vide, l'absence étaient comme des amis dans ma souffrance. Sauf que toi tu m'as coupé d'eux aussi, rendant mon quotidien encore plus insupportable qu'il ne l'était déjà. Tu m'énervais au plus haut point, tu n'imagines même pas ma volonté d' hurler et de te faire arrêter, mais je n'en avais même plus la force, je t'ai détesté, je t'en ai voulu.

_ C'était pour ton bien Méline, tu le sais très bien. Mais arrête de tout mélanger, c'est ridicule.

_ Pourtant c'est bien toi qui m'a dit que ton... échec, selon tes termes, était comme la perte d'un être très cher... Tu m'as fait comprendre que ta souffrance était d'égale que la mienne, dans un autre domaine.

_ Non mais sérieusement, laisse moi tranquille là Méline, tu m' insupportes plus qu'autre chose. Tu sais, je vais pas me suicider hein, alors arrête... Tu mélanges tout et c'est pas comme ça que je vais aller mieux.

_ Ce n'est pas en rejetant la vie, la musique et toi même que tu iras mieux, tu le sais autant que moi pour m'avoir aidé. C'est bon Prunelle, je m'en vais, je te laisse tranquille. Mais allez, sois forte, tu as le droit de bouder aujourd'hui, mais demain tu me passes un coup de fil et on sort, ok ?

_ seulement si j'en ai envie...

_ Je prends ça comme un oui ! Repose toi bien Prunelle, à demain.

 

Méline prit un verre, le remplit d'eau et le mit en évidence près de Prunelle assise dans un coin contre le mur, emmitouflée dans ses couvertures, le regard éteint. Puis, elle sortit en refermant doucement la porte. Aussitôt, Prunelle sentit son cœur se serrer deux fois plus et pleura chaudement, au point de se sentir très honteuse et nulle. Elle ne ressemblait vraiment à rien. Elle n'imaginait déjà plus son présent mais alors encore moins à son avenir. Une année de perdue. Elle devait trouver de nouveaux projets, peut-être se réorienter, mais cela lui était presque inconcevable. On lui avait barré le chemin de son avenir professionnel, on lui avait octroyé son droit le plus primordial, sa raison d'être et de vivre, la musique. On l'avait littéralement anéantie. De plus, les paroles de Méline l'avaient chamboulé, elle lui en voulait beaucoup et ne l'appellerait pas demain.

 

Au fond d'elle même, une voix douloureuse lui criait : « Find your way... ».

 

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